HISTOIRE

Naviguant entre vérités et chimères, le denim est une toile légendaire. Historiens et passionnés proposant leurs versions. Il est cependant une constante indiscutable : Nîmes est le berceau qui a vu naître la légende.

C’est au cœur de la vieille ville, dans ses dédales ensoleillés, à l’ombre de la cour d’un hôtel particulier, que l’on devine les indices parsemés de son glorieux passé. Ici, sur la rampe en fer forgé se trouvait autrefois un blason qui fut arraché au cours des périodes sombres de la ville. Sur ce blason, deux lettres : J.A. Les initiales d’un grand industriel nîmois du XVIIe siècle, Joseph André, qui fit rayonner la ville en établissant des comptoirs commerciaux à travers le monde. Les André, grande famille protestante nîmoise, bâtirent leur fortune sur le commerce de la soie et la commercialisation de la Serge de Nîmes, la fameuse “De Nîmes“, le denim.

Cette fameuse toile, fabriquée en laine et en soie depuis le XVIe siècle dans la région, servait  à la fabrication de futaines et de casaquins pour la population locale. La laine provenait des élevages de moutons, et la soie, des magnaneries cévenoles. Soie et laine furent remplacées plus tard par le coton, moins coûteux, en provenance d'Afrique et d'Asie.

Après la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV en 1685 (décret qui protégeait les protestants de la région) la famille André dut s’exiler. C’est à Gênes qu’elle trouvera refuge, dans un de ses nombreux comptoirs.

Tout comme cette emblématique famille nîmoise, de nombreux protestants français quittèrent leur pays pour l’Italie, mais aussi l’Amérique, l’Angleterre, les Provinces-Unies, etc. exportant ainsi la toile de Nîmes avec eux.

Plus tard un célèbre commerçant américain, associé d'un tailleur, récupérèrent un lot de toile de Nîmes (plus confortable que la toile de bâche qu'ils utilisaient), ils posèrent des rivets sur le pantalon et l'adaptèrent au goût des travailleurs américains.